Dans la nuit de l'invisible

16 photographies
61x84cm
contrecollé sur Dibond, caisse américaine en acier

Dans cette série d’images, il s’agit de portraits de kick-boxers. Les photographies ont été prises après leur entrainement. Pendant l’entrainement, il n’y a pas d’enjeu, ils viennent faire affleurer leur image dans un délassement total.
Ces portraits sont une interrogation sur l’invisible, sur l’état d’entre-deux, de relâchement qui mène à autre chose. La fatigue est le déclencheur d’un lâcher prise qui amène le visage à se livrer. Le renoncement de leur corps, par la fatigue, qu’offrent ces sportifs, par un étrange retour, rend visible le visage qui se cache au creux de l’autre.
L’intérêt de se concentrer sur ces corps à l’abandon qui nous font face, c’est qu’ils transcendent la douleur pour nous révéler l’essence même du visage. Ces visages offerts sont le surgissement de la pure altérité.
Dans la verticalité des portraits photographiques, les modèles ont leur regard tourné vers nous. Le regard fait office de passeur. C’est à cet endroit que nous voyons leur abandon, leur intériorité extériorisée. Les portraiturés disent leur présence mais ne l’imposent pas.

Ces visages, immobilisés par la photographie, font dans le temps ce que le temps ne fait pas lui même, ils font face.

16 photographs
61x84cm
laminated on Dibond, American steel crate

In this series of images, these are portraits of kickboxers. The photographs were taken after their training. During the training, there is no stake, they come to make appear their image in a total relaxation.
These portraits are an interrogation on the invisible, on the state of in-between, relaxation that leads to something else. Fatigue is the trigger of a letting go that leads the face to indulge. The renunciation of their bodies, by the fatigue, offered by these athletes, by a strange return, makes visible the face that hides in the hollow of the other.
The point of focusing on those abandoned bodies that face us is that they transcend the pain to reveal the very essence of the face. These offered faces are the surge of pure otherness.
In the verticality of the photographic portraits, the models have their eyes turned towards us. The gaze acts as a smuggler. It is here that we see their abandonment, their externalized interiority. The portraiture says their presence but do not impose it.

These faces, immobilized by the photograph, make in time what the weather does not do itself, they face.